2010 : Odyssée de rien du tout
Bonne année malgré tout.
Chaque nouvelle année depuis l'an 2000 (et même avant) apporte son lot de nouvelles expériences à chacun de nous. Il suffit de penser à toutes ces personnes qui n'avaient jamais touché une console de jeu de leur vie, mais qui ont néanmoins été conquises par la Wii. Ou toutes les personnes qui ont dû remplacer leur vieille télévision à tube cathodique en fin de vie par un nouvel écran plat.
Chaque année différents évènements font en sorte que le monde n'est plus le même. Que ce soit des évènements personnels tels qu'une nouvelle relation ou une naissance, ou que ce soit des évènements de société qui nous touchent tous un peu d'une façon différente tel que le désastre du WTC ou la crise économique. Le monde change, évolue.
Pourtant, je ne peux m'empêcher de trouver très décevant l'état actuel de notre monde.
Lorsque j'étais plus jeune, si j'essayais de penser à l'avenir, je n'y voyais pas vraiment rien de particulier. Toutefois, tout dans les livres, à la télévision et au cinéma, présentait l'an 2000 comme une époque vraiment plus moderne que ce que fut la réalité. Voilà surement ce qui explique une partie de la déception. Mais il y a plus.
L'humanité a bel et bien évolué depuis les années 80. Il y a eu de nouvelles technologies, mais aussi plus d'ouverture d'esprit envers différentes choses. On ne peut pas nier qu'il y a eu un changement dans les mentalités et les comportements. Toutefois, cette évolution semble bien maigre à côté de ce qu'on nous laissait oser espérer. C'est sûr que c'était peut-être un peu idiot de réellement espérer qu'en 2010 tout le monde aurait une voiture volante, mais quand même, ça rend triste de se rendre compte qu'on ne verra probablement pas de son vivant toutes les merveilles qu'on nous promettait.
L'autre déception vient du fait que la population ne semble pas comprendre que c'est maintenant qu'il faut arrêter de polluer. Ils se disent tous : « Ah ! Mais moi je ne pollue presque pas. Ce sont les entreprises qui polluent. » Ils ne comprennent pas que 6,788 milliards d'humains qui ne polluent « presque pas » polluent en fait bien plus que la totalité des entreprises du monde. Les entreprises, elles, sont souvent soumises à lois qui servent justement à limiter leur impact écologique. Alors que les particuliers du monde entier abusent légalement de leur dépendance à l'automobile personnelle. Ils ont un char ! Ils doivent s'en servir. Ils ne sont pas des « B.S. » obligés de prendre l'autobus ou le métro.
C'est vrai, si l'on demande aux travailleurs et honnêtes citoyens du monde entier pourquoi ils utilisent leur voiture personnelle au lieu de se rendre à leur travail en utilisant le réseau de transport en commun prévu pour ça, ça les choque au plus haut point et s'ils ne nous traitent pas de « B.S. » ils nous répondent qu'ils travaillent et qu'ils sont obligés d'utiliser leur automobile. Il n'y a, selon eux, aucun autre moyen.
Et pourtant, il existe une ville dans notre monde pollué où l'automobile n'est pas le principal moyen de transport :
Cette photo provient de la page Wikipédia (En) intitulée « Copenhagen », c'est-à-dire « Copenhague ». À Copenhague, 36 % des citoyens utilisent le vélo pour se rendre à leur travail tous les jours. Et si l'on admet qu'il y a aussi un certain pourcentage de gens qui utilisent les transports en commun, cela nous laisse avec moins de 50 % d'utilisateurs d'automobile personnelle. En Amérique, même dans les villes où le transport en commun est très utilisé, aucune ne peut se vanter de permettre à ses habitants de respirer un air aussi pur qu'à Copenhague. Mais il ne faut pas se leurrer. Copenhague reste une ville et l'air n'y est pas aussi pur que dans les coins reculés du globe. Mais c'est probablement l'une des villes plus vertes au monde.
Comment ont-ils réussi ? Est-ce à coup de lois et de règlements ? Peut-être ont-ils mis en place une législation promouvant les comportements écologiques. Mais même en passant toute les lois qu'on souhaite, on n’arrive à rien si la population n'accepte pas de s'y conformer. Il suffit de regarder la quantité de gens qui promène leur chien librement à Montréal alors qu'il y a un règlement qui oblige les propriétaires à tenir leur chien en laisse sur tout le territoire de la ville, même dans les parcs. Ou encore, on peut s'assoir au coin de St-Laurent et Ste-Catherine et compter le nombre d'infractions au Code de la route pendant une heure. Multipliez ce nombre par 100 et vous serez encore loin du nombre total d'infractions sur la grandeur de l'ile.
Mais le pire, ce sont les gens qui laissent tourner leur moteur pour rien comme s'ils souhaitaient avoir une raison de se plaindre du cout de l'essence. Apparemment, ce n'est toujours pas assez cher. Et ce sont ces mêmes personnes qui achètent de l'eau en bouteille à un prix variant de 0.50 $ à 1.5 $ le litre alors que l'eau coule gratuitement de tous nos robinets, tant au travail qu'à la maison.
Alors, on peut bien faire des lois punissant les pollueurs et favorisant les comportements écologiques, il faut néanmoins que les gens, la population se décide un jour à adopter les bons comportements. Et là je ne parle pas d'une résolution du Nouvel An vite décidée après le dernier coup de minuit, mais vite oubliée après le douloureux réveil du lendemain de veille.
En 2010, il faut du changement. Il faut que vous acceptiez tous de changer vos habitudes. C'est important. En fait, moi je m'en fou un peu, je n'ai pas d'enfants et je n'en aurai pas. Mais si vous ne changez pas tous vos comportements de Nord-Américains pollueurs, il n'est pas impossible que les changements climatiques passent bientôt à une vitesse exponentielle.
Bonne année 2010 malgré tout.
Publié le vendredi, 1 janvier 2010 par TulipVorlax

