Pour ma part, comme je l'ai déjà mentionné, ce n'est que tout récemment que je me suis ouvert un compte sur ce site de réseautage. J'ai craqué d'une part parce que j'en avais assez de ne pas être capable d'afficher les pages de ce site dont on m'envoyait un lien, et d'autre part parce que je me disais que ça ferait plaisir à ma tante qui me montrait sa page Facebook chaque fois que j'allais chez elle.

Sans compter le fait que la connexion Internet (de Bell) de ma tante est bien mal configurée et que toute page met un temps fou à se charger. Mais ça, c'est ma tante. On ne peut pas tous être bons avec les ordinateurs. D'ailleurs, Facebook est rempli d'utilisateurs qui ne connaissent même pas la base de l'utilisation sécuritaire de l'ordinateur et d'Internet.

Sur Internet, l'une des règles de base est que si vous n'êtes pas un Bruno Guglielminetti, un Guy A. Lepage ou encore un Jimmy Whales, l'utilisation de votre vrai nom sur les forums, les blogues, les wikis et tout site où il est possible d'avoir une page de profil est à proscrire. Pour moi c'est même la règle de sécurité numéro 1.

C'est pourquoi, lorsque je me suis inscrit à Facebook, je l'ai fait sous un pseudonyme. Le même pseudonyme que j'utilise un peu partout sur le net depuis presque dix ans ; Tulip Vorlax. Après mon inscription, j'ai envoyé un lien à ma tante, mais aussi à l'un de mes jeunes cousins. C'était peut-être une erreur. Mais c'est fait. La première chose que le cousin a dit fut « Mais pourquoi tu n'as pas mis ton vrai nom ? » Et puisque j'ai osé répondre que cela faisait partie du « safehex », il a ajouté « Mais de quoi t'as peur ? »

Moi, peur ? Je n'ai pas peur. Pourquoi ? Parce que j'agis généralement de façon sécuritaire sur Internet contrairement à la plupart des gens. Vous êtes surement au courant des discussions qu'il y a ces temps-ci au sujet des paramètres de confidentialité de Facebook. Beaucoup de gens menacent même de quitter le site si Facebook ne corrige pas la situation. Pourtant, ce n'est pas à Facebook qu'appartient réellement la tâche de protéger nos informations personnelles, mais à nous mêmes. C'est sûr qu'on ne souhaite pas qu'un pirate puisse obtenir toutes ces données en attaquant le site. Donc il suffit que Facebook s'assure que son site est sécuritaire.

Après quoi, c'est à chacun de faire sa part. C'est ainsi partout et pour tout dans la vie. Lorsqu'on veut utiliser une automobile, on doit apprendre à le faire sécuritairement. Lorsqu'on veut utiliser un ordinateur, on doit apprendre à gérer le pare-feu, l'antivirus, leurs mises à jour et celles du système. Lorsqu'on veut utiliser le courriel, on doit apprendre à ignorer les chaines de lettre qui nous promettent tous les malheurs si l'on n’envoie pas une copie à toutes les adresses de notre carnet.

Si on veut utiliser le site de réseautage le plus utilisé au monde, on doit apprendre à ne pas y placer d'information qui pourrait être utilisée contre nous.

Comble de stupidité, Facebook lui-même incite ses utilisateurs à agir de façon non sécuritaire sur son site. En effet, si on clique sur le mot « Conditions » au bas du site, on obtient une page qui présente les conditions d'utilisation du site. L'article numéro 4 débute avec la phrase suivante : « Les utilisateurs de Facebook donnent leur vrai nom et de vraies informations les concernant, et nous vous demandons de nous aider à ce que cela ne change pas. »

Par cette phrase, ils n'interdisent pas réellement les gens d'utiliser un pseudonyme. Mais ils semblent insinuer que ce sont les utilisateurs du site qui ont décidé de son fonctionnement. Pourtant, Facebook est loin d'être un wiki. Et si les utilisateurs décidaient vraiment du fonctionnement du site, il n'y aurait pas actuellement une polémique concernant ses paramètres de confidentialité.

D'ailleurs, cela donne lieu à de très bons articles tels que celui-ci en anglais qui dit entre autres que mettre sa date de naissance complète sur Facebook à la vue de tous, c'est inviter n'importe qui dans son compte bancaire :

Mais qui sont les plus grands utilisateurs de sites comme Facebook ? Les adolescents. Le site refuse les jeunes de moins de 13 ans comme la plupart des sites web où l'utilisateur est amené à générer du contenu. Néanmoins, 13 ans, ça reste très jeune. Un jeune de cet âge lorsqu'il débarque sur un site comme Facebook, il trouve ça « cool », il s'inscrit, il amasse un maximum d'amis en acceptant les requêtes de tout le monde même des inconnus. Quel mal peut-il y avoir ? Il est en sécurité chez lui devant son ordinateur.

Et qu'est-ce qui se produit ? Rien. Alors, le jeune coule des jours heureux en compagnie de ses amis sur Facebook. Il grandit avec eux. Il n'est plus seul. Il ne le sera jamais plus. Les années passent. Le jeune a son premier emploi. Mais il n'aime pas son boss et il ne se gêne pas d'en parler à ses amis Facebook. Parfois il le fait même à l'aide de son téléphone cellulaire directement de son travail. Puis un jour, le patron a la brillante idée de créer un Facebook pour l'entreprise.

Il crée une page et il invite tous ses employés. Notre jeune accepte toutes ses invitations d'un coup sans les vérifier, puisque le site le permet. Le patron visite les pages de ses employés. Je crois que vous pouvez déjà deviner qu'il ne sera pas content d'apprendre ce que l'un d'eux pense réellement de lui.

Cette histoire, je viens de l'inventer. Mais je ne serais pas surpris que telle chose se produise un jour ou que cela se soit déjà produit.

Que ce soit sur Facebook, sur un forum, un wiki, un blogue, ou tout autre site Internet dont nous sommes l'éditeur, nous sommes responsables des informations qu'on y publie ! Si quelqu'un utilise ces informations à mauvais escient, que ce soit contre soi ou contre quelqu'un d'autre, c'est notre faute. Si vous publiez sur votre profil Facebook votre vrai nom accompagné de votre date de naissance complète, de votre adresse de résidence, de votre lieu de travail, etc., vous invitez le premier venu à se servir de ces informations. Surtout si vous mentionnez que vous partez en vacances quelques jours. Vous risquez une mauvaise surprise à la maison à votre retour.

Et la disparition de quelques éléments de mobilier pourrait être la moindre des choses. Comme mentionné précédemment, le compte bancaire peut aussi être vidé de son contenu. Et vous pourriez en être informé en essayant d'utiliser votre carte de guichet pour vous réapprovisionner en cours de voyage. Il faudra espérer que vous n'aviez pas besoin de cet argent pour revenir à la maison.

Mais évidemment, je suis alarmiste et cela n'arrive qu'aux autres.

Mise à jour du 09-09-2010 : J'ai décidé de fermer mon compte Facebook car en faisant le bilan, je me suis rendu compte que le site ne m'a rien apporté d'intéressant.